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Le Christkindla

Le Christkindla

Le Noël en Alsace est surtout célèbre, depuis quelques années, pour ses grands marchés de Noël, riches en stands de décorations, de pains d’épices, de jouets traditionnels et bien sûr, de vin chaud.
Le Père Noël, cette figure emblématique qui remplace notre Saint-Nicolas, règne partout et fait la joie des enfants.


Chez nous, en Alsace et dans cette région du sud qu’est le Sundgau, le mot "Christkindla" ressurgit ça et là, nos vieux refusant de citer ce père barbu, volant dans le ciel et dont le traineau est tiré par des rennes. Des rennes ! A-t-on jamais vu des rennes en Alsace, ni même en France ?
Pourtant, cette légende venue des États-Unis est devenue universelle et remplace notre "Christkindla".

Le Christkindla ou Christkindel
L’étymologie provient d’une abréviation de Christus als Kind, Christus-Kindlein, Christ-Kindel, le Christ enfant, le petit Jésus.
Le "Christkindel" est représenté par une enfant, tout de blanc vêtue dont la tête est ceinte d’une couronne de bougies.
Jusqu’au quatrième siècle, sous le pape Jules 1er, la fête de la naissance du Christ et celle de l’adoration des mages se célébraient ensemble sous le nom de Théophanie. A cette époque, l’Église d’Occident sépara ces deux fêtes et la première reçue en France le nom de Noël. Noël est un vieux mot français, peut-être même gaulois, qui signifiait joie, allégresse, et que le peuple avait coutume de crier dans les rues lors des solennités, comme aujourd’hui on crie des vivats.

L’origine de cette tradition de Noël remonte à celle du christianisme, à la naissance de l’Enfant-Dieu, tradition religieuse des peuples chrétiens. De tout temps, ce furent des cérémonies à l’église, des messes, des prières ainsi qu’une fête pour les enfants. La messe de minuit, les trois messes récitées par le prêtre officiant à l’heure de la naissance de Jésus, des hymnes religieux, des voix d’enfants qui semblent des voix d’anges, le cantique des bergers, le silence d’une nuit sainte de décembre, la pompe imposante du catholicisme, tout cela préparait les fidèles à la dévotion et servaient à nous transmettre, à travers les siècles, cette tradition venant de nos ancêtres.

La visite du Christkindla
Voici une histoire de la visite du Christkindla. L’histoire date de 1863 et nous remarquons les similitudes avec celle du Saint-Nicolas.

"Dans la veillée de Noël, la famille se réunit, jeunes et vieux, on allume la grande bûche de Noël dans la cheminée du salon, on allume bougies et cierges, on se recueille, on attend, on a peur, on tremble, la visite du Christkindel est annoncée pour récompenser les bons. Hanstrapp viendra chercher les méchants. On a soin de mettre une botte de foin dans un coin de l’entrée, afin que l’âne, chargé des cadeaux et fatigué du voyage, ne meure de faim.
On sonne devant la porte, Christkindla apparaît : c’est une vision blanche sous les formes d’une femme voilée, ayant couronne au front, et suspendue à l’épaule une corbeille remplie de bonbons. Ce sont alors des éloges, des promesses, des baisers, des pleurs de joie, des poignées de mains, des pluies de dragées. Hanstrapp, le suivant de cette merveilleuse fée, reste presque toujours dehors, faisant son soliloque d’une voix caverneuse pour compléter le mystère ; et s’il va jusqu’à apparaître, c’est un de ces diables avec une figure barbouillée de noir, un fouet à la main. Christkindel, le génie du bien, la Dame blanche, sous le voile céleste d’un ange et Hanstrapp, le génie du mal, Méphistophélès, sous l’infernal accoutrement d’un démon.
Demain, dit la femme voilée, en remplissant de bonbons le creux des mains des enfants, demain, mes chers enfants, vous trouverez à votre réveil quelques cadeaux, en souvenir du petit Jésus."

Le Christkindla